L’enseignement supérieur joue un rôle central dans la promotion de l’innovation, du développement économique et du bien‑être général des citoyennes et citoyens à travers l’Europe. En conséquence, les statistiques de l’UE suivent régulièrement la situation de l’enseignement tertiaire. L’enseignement tertiaire comprend les programmes classés aux niveaux ISCED 5 à 8, couvrant les licences, masters, doctorats et programmes tertiaires de cycle court.
Un récent rapport d’Eurostat sur les statistiques de l’enseignement tertiaire fournit des informations détaillées pour l’année 2022, en mettant l’accent sur le nombre de diplômés, la répartition par sexe, les filières populaires et les tendances générales dans le temps. Les données offrent une base cohérente pour comparer les tendances et les schémas du secteur de l’enseignement supérieur européen (Eurostat, 2024).
Nombre de diplômés dans l’UE (2022)
Le nombre total de diplômés de l’enseignement tertiaire sert d’indicateur important de la performance des systèmes éducatifs nationaux. En 2022, environ 4,3 millions d’étudiants ont obtenu un diplôme tertiaire dans l’Union européenne (Eurostat, 2024). Parmi les États membres, la France a enregistré le nombre le plus élevé de diplômés (885 900), loin devant l’Allemagne (636 700).
Eurostat suggère que le nombre relativement élevé de diplômés en France peut en partie refléter une durée moyenne des cursus plus courte comparée à d’autres pays (Eurostat, 2024). Cela implique que les étudiants français ont tendance à terminer leurs études plus rapidement, contribuant à un chiffre annuel de diplômés plus élevé, tandis que des durées d’études plus longues en Allemagne entraînent comparativement moins de diplômés par an. Ces chiffres fournissent des indications initiales sur les niveaux d’investissement nationaux dans l’enseignement supérieur et sur les différences structurelles des systèmes académiques.
Répartition par sexe parmi les diplômés
La répartition par sexe est une caractéristique clé des diplômés de l’enseignement tertiaire en Europe. En 2022, 57 % de tous les diplômes tertiaires dans l’UE ont été obtenus par des femmes (Eurostat, 2024, p. 3). Il est notable que les femmes dépassent les hommes parmi les diplômés dans tous les États membres de l’UE.
Chypre a enregistré le ratio femmes/hommes le plus élevé parmi les diplômés, avec 198 femmes pour 100 hommes, suivie de la Lettonie (192) et de la Pologne (188). Cela signifie qu’à Chypre, environ les deux tiers de tous les diplômés tertiaires étaient des femmes, tandis qu’en Allemagne, la proportion était légèrement supérieure à 50 %.
Décomposé par type de diplôme, la tendance perdure : tant au niveau licence qu’au niveau master, les femmes dominent, avec environ 142 diplômées de licence pour 100 diplômés masculins, et un ratio similaire au niveau master (Eurostat, 2024, p. 4). Ce n’est qu’au niveau du doctorat que les hommes sont encore majoritaires, avec 94 femmes pour 100 hommes.
Filières les plus populaires
Au‑delà des chiffres absolus, la répartition des diplômés entre les différentes filières donne des informations précieuses. Une large part des diplômes tertiaires dans l’UE se concentre dans seulement quelques domaines. En 2022, 24,7 % de tous les diplômes tertiaires ont été délivrés en économie, administration ou droit — de loin la filière la plus prisée (Eurostat, 2024).
Parmi les autres domaines majeurs figuraient l’ingénierie, la fabrication et la construction (14,7 %) et la santé et le social (14,1 %), suivis des arts et lettres et des sciences sociales, journalisme et information — chacun représentant environ 9,4 % des diplômes.
Les filières plus petites représentaient naturellement des parts plus faibles, bien que des différences nationales notables existent. Par exemple, les sciences de l’éducation représentent une part relativement faible au niveau de l’UE, généralement bien inférieure à 10 %. Cependant, Chypre se distingue, avec 30,9 % des diplômés dans les domaines liés à l’éducation — nettement plus qu’en France (4,1 %) ou au Portugal (4,2 %) (Eurostat, 2024). Ces variations reflètent des priorités nationales et des spécialisations des systèmes éducatifs, comme l’accent marqué de Chypre sur la formation des enseignants.
Globalement, la répartition montre que l’enseignement supérieur européen continue de produire un grand nombre de diplômés dans les disciplines commerciales et techniques, suivi par la santé et les services sociaux, tandis que les domaines créatifs et scientifiques conservent des parts stables. Toutefois, les différences nationales restent marquées.
Tendances dans le temps
Alors que l’instantané de 2022 est important, les tendances de long terme dans l’enseignement tertiaire sont tout aussi pertinentes. Les données d’Eurostat montrent une augmentation continue du nombre de diplômés au cours des dernières années, en particulier dans les domaines à importance future.
Un exemple clé est le domaine STEM (Science, Technology, Engineering and Mathematics) : mesuré pour 1 000 personnes âgées de 20 à 29 ans, le nombre de diplômés STEM est passé de 18,5 pour 1 000 en 2014 à 23,0 pour 1 000 en 2022 (Eurostat, 2024, p. 8). Cela reflète des efforts ciblés pour promouvoir l’enseignement technique et scientifique afin de répondre à la demande de professionnels qualifiés dans une économie numérique.
Malgré la croissance globale, des écarts entre les sexes persistent — notamment dans les filières STEM. Les hommes continuent d’être presque deux fois plus nombreux : 28,9 diplômés STEM masculins contre 16,7 diplômées STEM féminines pour 1 000 personnes. Cependant, l’écart entre les sexes varie fortement selon les pays : en Belgique et en Espagne, les hommes dominent les diplômes STEM d’environ 2,5 fois, tandis qu’en Roumanie et en France le ratio est plus proche de 1,3:1 (Eurostat, 2024). Ces tendances illustrent que, bien que des progrès aient été accomplis pour accroître les taux de diplomation dans des domaines cruciaux, des questions telles que l’égalité des genres et la spécialisation des filières restent à l’ordre du jour.
Conclusion
En résumé, le paysage de l’enseignement tertiaire dans l’UE s’est développé ces dernières années tant sur le plan quantitatif que sur celui de la diversité. Un nombre croissant de jeunes obtiennent des diplômes de l’enseignement supérieur, et les femmes constituent désormais la majorité des diplômés.
Des filières comme l’économie, l’administration et les disciplines techniques continuent d’attirer le plus grand nombre, tandis que des domaines souhaités politiquement comme les STEM connaissent également une croissance notable. Toutefois, des variations importantes persistent entre les pays, reflétant des priorités nationales et des systèmes éducatifs différents.
