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Moritz Dalheimer : La recherche orientée pratique a besoin aussi de reconnaissance dans les revues

Moritz Dalheimer : La recherche orientée pratique a besoin aussi de reconnaissance dans les revues

Dr. Alexandra Allgaier
Dr. Alexandra Allgaier
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« Je me suis rendu compte que j'aimais vraiment écrire ma thèse », se rappelle Moritz Dalheimer. Ce que beaucoup d'étudiant·e·s vivent comme une obligation académique ponctuelle est devenu pour lui l'entrée dans la recherche et dans un monde universitaire qu'il aide aujourd'hui à façonner activement.

Dalheimer prépare actuellement un doctorat en Financial Services Innovation à l'Université de St. Gallen et préside DocNet, l'association des doctorant·e·s de la HSG. Dans ce rôle, il met en relation environ 300 doctorant·e·s actifs et plus de 1 000 alumni. Sa mission : favoriser les échanges, créer des liens et ouvrir de nouvelles perspectives.

« Surtout au début, beaucoup de doctorant·e·s ont peu de liens sociaux. Ils commencent à des moments différents, sont répartis sur plusieurs lieux et rencontrent rarement d'autres chercheur·e·s. » C'est là que DocNet intervient. Par des formats académiques et sociaux, l'association renforce la communauté et le dialogue. « Nous sommes une plateforme de mise en relation – entre doctorant·e·s, et aussi avec les entreprises. »

Deux objectifs centraux guident leur travail : d'abord construire un réseau interne solide. Ensuite promouvoir les échanges interdisciplinaires. Cela se voit particulièrement lors du symposium annuel de DocNet, qui réunit des invité·e·s de haut niveau issus du monde universitaire, économique et gouvernemental. « Nous voulons discuter de questions sociétales pertinentes. Beaucoup de doctorant·e·s cherchent à avoir un impact dans la pratique, pas seulement à suivre une carrière académique. »

Université et entreprise : potentiel, écueils et conseils pratiques

Cette recherche d'impact se retrouve aussi dans la recherche au quotidien. « Nous faisons nos doctorats dans un contexte de management, c'est‑à‑dire analyser le statu quo, comprendre les différences de performance et en déduire des recommandations. » Mais sans pertinence pratique, estime‑t‑il, ce travail reste abstrait. « Nous avons besoin d'informations du monde réel, de données, de problèmes concrets – et des bons partenaires. »

La HSG, explique‑t‑il, est bien placée à cet égard. L'orientation vers la pratique fait partie de l'ADN de l'université. Pourtant, collaborer avec les entreprises est plus facile à dire qu'à faire :

  • Les entreprises ne publient pas d'« appels à recherche »
  • Les chaires universitaires ne peuvent pas couvrir tous les sujets
  • Les ressources et l'accès aux données doivent s'aligner

« Nous, les doctorant·e·s, sommes souvent le pont – entre les professeurs et les étudiant·e·s, entre les équipes académiques et les entreprises. Nous donnons du feedback, veillons à ce que chacun·e soit entendu·e, et rattrapons ce qui tombe entre les mailles du filet. »

C'est particulièrement vrai lors de la supervision de mémoires de Bachelor ou de Master. « Il y a une quantité surprenante de coordination et beaucoup de potentiel non exploité. » Lorsque des entreprises font partie du processus, la situation devient encore plus complexe. « Il faut deux parties réellement motivées – et qu'elles se trouvent. » Mais ce n'est pas simple. « Il n'existe pas de marché pour les sujets de recherche. Beaucoup de belles synergies ne voient jamais le jour. »

S'ajoute le choc des attentes : « Les entreprises s'attendent à du conseil ; nous devons publier. Notre travail est objectif, pas instrumental. » D'où l'importance d'une clarté dès le départ :

« Que veut réellement l'entreprise ? Le projet est‑il faisable académiquement ? Les bonnes données sont‑elles disponibles ? »

Dalheimer plaide pour plus de transparence et d'ouverture des deux côtés : « Les chercheur·e·s devraient prendre l'initiative de contacter les entreprises. Et les entreprises devraient être claires sur leur question, même s'il n'y a pas d'adéquation immédiate. » « Toute réponse négative n'est pas forcément une mauvaise chose. Parfois, ce n'est tout simplement pas le bon projet. Mais si l'on persévère, quelque chose de formidable peut émerger. »

Revues : la recherche orientée pratique a besoin de visibilité

La pertinence pratique ne suffit pas si elle n'est pas reflétée dans le système académique. Une des tensions majeures tient au fait que les revues de management de premier plan ont tendance à privilégier les modèles théoriques aux études basées sur la pratique. « Beaucoup d'études orientées pratique apportent une réelle valeur, mais elles n'aboutissent pas là où elles obtiennent visibilité et reconnaissance », explique Dalheimer. Alors que les entreprises recherchent des enseignements concrets et actionnables, la recherche académique reste souvent à un niveau élevé d'abstraction. Il faut des formats qui permettent à la fois rigueur méthodologique et pertinence pratique.

« Il ne suffit pas de faire de la recherche appliquée. Il faut aussi la montrer. Et il faut la valoriser. »

Ce n'est qu'ainsi, soutient‑il, que le pont entre universités et monde économique pourra être renforcé de manière durable.

Un dernier appel à l'action

La conclusion de Dalheimer est claire : « La recherche qui a de l'impact est possible – si les deux parties sont ouvertes, communiquent bien et suppriment ensemble les barrières structurelles. »

Son message aux doctorant·e·s ? « Restez persévérant·e·s. Parlez aux gens. Restez ouvert·e·s. Et ne prenez pas les refus personnellement. »

Son message aux entreprises ? « Rendez visibles vos intérêts de recherche. Contactez les départements académiques. Posez des questions, même si vous n'avez pas encore de projet abouti. »

Et son souhait pour le système dans son ensemble ? « Que la recherche appliquée gagne en visibilité – pas seulement dans les revues, mais aussi dans la manière dont les carrières académiques sont construites. »

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Moritz Dalheimer
DocNet HSG

Moritz Dalheimer

Moritz Dalheimer is a Research Assistant and PhD candidate at the Center for Financial Services Innovation (FSI-HSG) at the University of St. Gallen. Since 2023, he has served as President of DocNet, the university’s doctoral association. He is committed to fostering real collaboration between academia, industry, and students.

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